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Je suis née en 1968 en région parisienne.
J’ai le sentiment et le vécu d’une double appartenance à la ville et à la terre.
1940. Mon père alors âgé de 10 ans commence à participer aux travaux des champs. Au même âge, ma mère souffre de la faim. Elle et sa famille habitent la banlieue qu’ils quittent pour partir louer une ferme.
D’eux, j’hérite un amour inconditionnel pour la nature cultivée et
sauvage - son caractère nourricier et ses vertus salvatrices - et aussi
une forte attirance pour la ville et sa diversité culturelle.
Très tôt, c’est par le dessin puis la photo que j’affirme mon aptitude
artistique. Les langues et les voyages satisfont mon envie de bouger et
mon intérêt pour l’étranger. Mais c’est lors d’un passage par l’atelier
de Met de Penninghen que je fais deux rencontres déterminantes : le «
Point ligne plan » de Kandinsky et une réflexion d’une prof d’histoire
de l’art : « le sens de la composition ne viendrait –il pas aussi du
jour où l’homme a cultivé son premier champs ? ». Stupéfaction ! Je
décide de partir munie de ces « clés » et je sais que mon école photo
sera ma vie.
Hasard et curiosité me mènent à la radio et à la télévision où pendant
8 ans j’enchaîne les missions. On y parle d’autres vies. J’aime çà.
D’autres fois non. En particulier les discours et les images au ton
caricatural. Me viens l’impérieuse nécessité de vivre mon identité
paysanne avant je m’adonner enfin à la photo. Je quitte Paris pour
aller cultiver la terre des miens. Un rêve, qui n’en est pas un.
Un seul rêve : la photo. A ce stade, il est question de survie ! La
photo m’est une respiration pour vivre sans frontières « mon cultural
et mon culturel » ce, depuis 2003.
Je commence par vendre des photos de la terre au ministère intéressé.
Mais je veux faire un travail d’auteur. Une première galerie (galerie
Iris à Paris) expose la toile de fond de mes premières recherches : «
Terre des Siens » en 2006.
L’ailleurs est une invitation à voyager dans les terres de l’imaginaire…
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