Puis, retirée dans son laboratoire, elle élabore grace à son traitement, une esthétique particulière de la féminité qui deviendra la clef de son travail. Au fil du temps, les prises de vues deviennent plus larges, et les personnages, qui conservent toutefois leur place centrale, sont intégrés dans de vastes paysages. Le dense noir et blanc confère à ses photos, souvent sombres et abstraites, une épaisseur énigmatique. Dans cet univers ambivalent, les personnages et les paysages sont racontés de la même manière: Ils y paraissent à la fois intemporels et graves, et anecdotiques et futiles. La photographe se soumet volontiers à l'aléatoire des conditions exterieures, les intempéries, le mouvement, l’obscurité par exemple sont autant de manières pour elle de conjuger le hasard à l'éphémère pour tenter de surprendre les profondeurs. Les images du Pays basque ont ainsi l'odeur de la terre embrumée ; les hommes, à peine visibles au milieu de ces paysages inquiétants, paraissent murmurer une vérité. Pour atteindre cette dimension, Gabrielle rentre littéralement en communion avec son sujet ; pour elle, l’immersion physique a une importance capitale sur l'intensité finale. Son inspiration pourrait venir des photogravures et photographies de Clarence H. White, Steichen, A.Stieglitz, Julia Margaret Cameron, de la peinture de Balthus, ou des personnages féminins séduisants et orageux de la littérature des soeurs Brontë…. Marion Lartigue.
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Autodidacte depuis ses débuts, Gabrielle a d'abord été inspirée par une certaine beauté féminine, noble et secrète. Elle photographie alors les amies proches qui partagent son quotidien.